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d'après un texte de Paul Waelkens (iaï-do)
En
794, à l'emplacement actuel de KYOTO, une nouvelle capitale
fut édifiée, Heian-kyo,
qui donnera son nom à une période historique s'étendant sur
près de deux siècles. Malgré la rupture des contacts directs
avec les T'ang, la Cour accorda une grande importance à l'architecture,
la littérature, ainsi qu'au mode de vie raffiné empruntés
à la Chine.
La puissance des aristocrates de Cour, meilleurs poètes que
guerriers, déclina.
Les féodaux provinciaux se dégagèrent de la tutelle directe
de la Cour et devinrent de plus en plus autonomes, fondant
leur propre Maison militaire (buke). L'éducation et la formation
des guerriers étaient assurées au sein de la famille ou du
clan. Des instructeurs, choisis parmi ceux qui avaient prouvé
leur efficacité sur les champs de bataille, dispensaient un
enseignement martial dans lequel la formation littéraire tenait
peut de place. C'est à cette époque que les premières écoles
(ryu) de bujutsu furent fondées, amenant la codification de
quelques techniques. La maîtrise d'une grande variété d'armes
était alors indispensable pour assurer la sécurité intérieur
et repousser les attaques des barbares du nord (Aïnus) et
du sud (Kumaso). La pénurie de métal qui avait sévi avant
la période Nara était terminée; les Japonais exploitaient
les gisements de minerais de fer, de cuivre, d'or et d'argent,
fournissant le métal aux forgerons qui commençaient à exprimer
leur talent.
C'est
au début du VIIe siècle que la légende évoque le forgeron
Amakuni de la province du Yamato qui aurait créé le premier
sabre à lame courbe et à un seul tranchant. Cette arme blanche
deviendra la plus prestigieuse des siècles à venir. En réalité,
le sabre le plus ancien, possédant les caractéristiques du
katana, est dû probablement au forgeron Yasutsuna de la province
de Hoki, qui exerçait son art dès le début du Xe siècle.
Les troupes provinciales, bien armées et entraînées, portaient
leurs efforts sur les frontières, luttant loin de la Cour
qui nomma un "Général en chef contre les barbares" (Seite-shogun)
en 797. Le pouvoir central s'affaiblissant et les troupes
provinciales étant occupées à étendre les domaines frontaliers,
l'insécurité à l'intérieur du pays se développa. Issus des
différents clans, des groupes de guerriers se formèrent (bushidan).
Des hommes d'armes furent alors recrutés afin d'assurer la
protection des biens et des personnes. On leur donna le nom
de samouraï, issu du mot verbal saburo, "celui qui est proche,
celui qui sert" impliquant l'idée de subordination. Deux clans
importants, les Taïra (Heike) et les Minamoto (Genji) opposeront
leurs bannières vert clair et pourpres pendant plus d'un siècle.
Après une victoire provisoire des Taïra en 1160, les Minamoto,
sous la direction de Yorimoto, prirent finalement le dessus,
concrétisant leur victoire à la bataille navale de Dan no
Ura, en 1185, dans laquelle l'empereur, alors âgé de sept
ans, péri noyé.
Ces combats épiques sont consignés dans l'"Histoire de la
Maison des Taïra" (Heike Monogatari), rédigée après les événements,
entre 1220 et 1240. Issue de ces combats, une éthique guerrière,
non écrite, pris forme. La loyauté, l'honneur, l'obéissance
absolue au supérieur et le mépris de la mort - renforcés par
les préceptes du zen introduit en 1191 - furent considérés
par les guerriers (bushi) comme un code moral qui ne devait
pas être transgressé et servira, par la suite, de base à l'élaboration
du Bushido. Le dévouement de ses guerriers permit à Yorimoto
d'établir une dictature militaire dont il prit la tête après
s'être fait nommer shogun par l'empereur. Sa puissance fut
renforcée par la création d'un bureau des samouraï (samouraï
dokoro), chargé des affaires militaires, de la réglementation
de la vie des bushi et de l'attribution des charges et récompenses.
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