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d'après un texte de Paul Waelkens (iaï-do)
Le
régime du shogunat, établit depuis le fin du XIIe
siècle par Minamoto Yorimoto,
prit fin en 1867 lorsque Tokugawa Keiki, quinzième shogun
des Tokugawa, restitua le pouvoir à l'empereur Meiji. Celui-ci
quitta alors Kyoto et s'installa à Edo qui portera désormais
le nom de Tokyo. Le déclin de la masse des bushi, déjà amorcé
sous l'ère Tokugawa, s'accentua.
La
dégradation de l'état de samouraï fut provoquée par une suite
de mesures qui ôtèrent en une dizaine d'années les prérogatives
et les privilèges des familles de bushi :
-
Restitution des domaines appartenant aux grands clans à l'Etat
(1869);
-
Réduction des pensions versées aux samouraï (1869);
- Nomination des anciens daimyo comme préfets de leurs fiefs
désormais devenus préfectures (ken);
- Abolition
de la stratification sociale à quatre niveaux (1871);
- Enfin, une mesure suprême fut prise en 1876, interdisant
aux anciens samouraï le port du sabre. Ce
coup de grâce, porté au symbole du statut des bushi, fut assez
mal accueilli par la caste guerrière. La rapidité avec laquelle
avait été balayées les structures féodales établies depuis
plusieurs siècles et la suppression des privilèges accordés
aux bushi amenèrent les plus conservateurs d'entre eux à se
rebeller. L'ultime et la plus violente réaction eut
lieu en 1877. Saigo Kamori, qui avait démissionné d'un poste
important au gouvernement, retourna dans sa province natale
de Satsuna et y fonda des écoles de bujutsu dans lesquelles
les bushi, désemparés et humiliés par les décisions gouvernementales,
se précipitèrent.
Prenant la tête d'une petite armée de 40000 samouraï, Saigo
tenta un soulèvement. Ses troupes furent anéanties par une
armée de conscrits équipés d'armes à feu. Les quelques survivants
firent seppuku et Saigo demanda à l'un de ses lieutenants
de le décapiter.
La longue histoire des samouraï se terminait à Kagoshima.
Les vagues d'occidentalisation se succédèrent pendant toute
la fin du XIXe siècle et les Japonais comblèrent rapidement
leur retard industriel et économique. C'est en nation forte
et puissance internationale que le Japon aborda le XXe siècle.
Les visées expansionnistes de la castre militaire toute-puissante
entraînèrent alors les Japonais dans une longue période de
conflits qui opposèrent le pays à la Chine et à la Russie.
Plus tard, sous l'ère Taisho (1912-1926), le Japon apporta
son soutien industriel aux Alliés pendant la Première Guerre
mondiale. Il n'en sera pas de même sous l'ère
Showa (à partir de 1926) lors de la Seconde Guerre
mondiale. Après avoir signé un pacte avec l'Allemagne et l'Italie,
le Japon entra en guerre en 1941 en détruisant la flotte américaine
du Pacifique à Pearl Harbor. L'énorme machine de guerre des
Etats-Unis se mettra alors en route. Après la défaite allemande
et les bombardements atomiques des villes d'Hiroshima et de
Nagasaki (en 1945), l'empereur Hiro
Hito demandera à son peuple de s'incliner. En remettant
leur capitulation au général Mac Arthur, les Japonais verront
pour la première fois de leur histoire leur pays conquis et
occupé. La présence américaine dura sept années pendant lesquelles
le Japon se reconstruisit. Ces quelques années permirent aussi
de poser les bases d'échanges économiques fructueux entre
les deux pays. Pendant cette période d'occupation, les Américains
qui redoutaient une résurgence du nationalisme et du militarisme
interdirent la pratique des arts de combat. Les forces d'occupation
quittèrent le Japon en 1952. Malgré la disparition de nombreux
sensei pendant la guerre, les arts martiaux connurent un nouvel
essor.
Les ryu de
budo du début du siècle ouvrirent de nouveau leurs portes
et les élèves affluèrent pour pratiquer diverses disciplines
:
-
le judo (issu des anciennes techniques de ju-jutsu)
créé par Kigoro KANO (1860-1938) dans son école KODOKAN;
- l'Aïkido fondé au Japon dès 1931 par Morihei UESHIBA
(1883-1969) et développé à partir de son premier dojo, le
KOBUKAI;
- le karaté do popularisé par Gichin FUNAKOSHI
(1869-1957), originaire de l'île d'Okinawa;
- le kendo et le iaï-do, plus anciens, connurent
aussi un renouveau spectaculaire.
L'art du sabre, sur lequel les maîtres avaient pu méditer
pendant l'occupation fut débarrassé de toute influence militariste
et nationaliste et retrouva sa pureté.
Dès 1952 la fédération nationale japonaise de kendo fut fondée.
Des cours furent créés dans les écoles primaires dès 1957
et, en 1962, le kendo fut rendu obligatoire pour les étudiants
des écoles primaires et des lycées. Quand les troupes américaines
d'occupation retournèrent dans leur pays, près de ceux cent
mille lames partirent avec elles. Ces sabres, chargés d'histoire,
furent emportés par les soldats qui avaient pu juger de l'efficacité
des techniques japonaises de combats. Beaucoup avaient assisté
à des démonstrations de budo; ils se passionnèrent pour ces
arts et, à leur retour, les écoles enseignant les disciplines
japonaises fleurirent aux Etats-Unis. L'art du sabre n'était
plus limité au seul Japon. Sa pratique atteignit l'Europe,
et parvint en France...
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