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d'après un texte de Paul Waelkens (iaï-do)
Oda
Nobunaga (1534-1582), petit seigneur d'Owari, après s'être
imposé au sein de sa famille commençait une lente ascension
vers le pouvoir. Grâce à la qualité de ses guerriers il défit
en 1560 le puissant daimyo Imagawa. Moins de dix ans après,
Nobunaga contrôlait le centre du Japon et occupait Kyoto.
Il mènera ensuite une lutte sons merci contre les sectes bouddhiques
et détruira les monastères fortifiés ainsi que le centre religieux
du mont Hieï (1571). En 1573, Nobunaga fera emprisonner le
shogun Ashikaga Yoshiaki. Mettant un terme au shogunat des
Ashikaga il assurera personnellement le pouvoir. Il eut encore
à prouver sa supériorité militaire en 1575 au cours de la
bataille de Nagashino. Face à l'armée du domaine de Takeda,
numériquement supérieure, Nobunaga aligna 300 samouraï et
paysans armés de mousquets ; les vagues successives de la
cavalerie adverse furent totalement anéanties par les salves
alternées de ses mousquetaires. Cette victoire montrait clairement,
lors de batailles rangées, la fin de la suprématie des bushi
équipés de leurs armes traditionnelles dont la maîtrise avait
demandé une formation très dure suivie d'un entraînement quotidien.
Cette formation qui permettait jusque-là une efficacité exceptionnelle
était réduite à néant face à une troupe de paysans armés de
mousquets et formés en quelques semaines. Cependant, malgré
sa puissance, l'arme à feu ne remplacera jamais le katana,
arme redoutable, mais surtout symbole du statut du bushi,
chargée des valeurs ancestrales et morales. Seuls quelques
ryu enseigneront le maniement des armes à feu comme technique
complémentaire. Nobunaga concrétisa sa puissance en organisant
en grandiose parade en 1581. C'est au faîte de sa gloire en
1582, qu'attaqué dans son palais, il disparut, probablement
brûlé dans l'incendie de celui-ci, après s'être suicidé par
le rituel seppuku. A l'annonce de sa mort son plus fidèle
lieutenant, Hideyoshi (1536-1598), accourut dans la capitale,
démasqua l'assassin d'Oda Nobunaga et le supprima moins d'une
semaine après. Malgré ses origines modestes il fit rapidement
reconnaître son autorité aux vassaux de son ex-maître. Il
établit son gouvernement militaire dans le temple fortifié
d'Osaka et, prenant en 1585 le titre de Kampaku (régent de
majorité), il se fera construire un nouveau palais au sud
de Kyoto portant le nom de momoyama (la colline des pêchers).
Il s'emploiera alors à réunifier totalement le Japon féodal
qui avait connu bien des troubles durant les guerres civiles
de l'époque Ashikaga. Après que les clans de Shimazu et de
Satsuna aient fait leur soumission, Hideyoshi décréta l'expulsion
des missionnaires chrétiens. Un autre décret, dit de la "chasse
à l'épée", stipula que tous les roturiers devaient remettre
leurs armes sous le prétexte de récupérer le métal nécessaire
à l'édification d'une monumentale statue de Bouddha. Hideyoshi
devra encore soumettre les Hojo à Odawara en alignant près
de deux cent mille guerriers. La paix affermie, Hideyoshi
disposait d'une puissante armée inoccupée. L'inaction des
bushi le préoccupant, il envoya combattre en Corée une expédition
de 160000 hommes. L'intervention des armées chinoises obligea
les Japonais à se replier. Une deuxième expédition sera monté
en 1597, mais la mort d'Hideyoshi, l'année suivante, mettra
un terme à cette tentative de conquête du continent.
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