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d'après un texte de Paul Waelkens (iaï-do)

Jomon / Yayoi / Ere des Kofun / Période Asuka / Période Nara / Heian / Kamakura
Muromachi - Hashikaga / Momoyama / Tokugawa - Edo / Meiji

Les deux invasions mongoles repoussées démontrèrent l'esprit de décision des clans et de leur puissance militaire vis-à-vis du pouvoir central. Les bushi, qui avaient dû consentir un important effort financier pour s'équiper et s'armer - lorsque le régime de Kamakura les avait appelés - ne reçurent aucune récompense car leur victoire sur les envahisseurs mongols n'avait laissé aucun butin. Aussi, quand l'empereur Go-daigo tenta de rétablir son autorité en 1331, il fut soutenu par les clans de l'Ouest mécontents.

En 1333, le chef de guerre Ashikaga Takauji, envoyé pour combattre l'empereur, se rangea à ses cotés, puis peu de temps après, le chassa de Kyoto et installa sur le trône un fantoche. Go-daigo s'étant réfugié à Yoshino, deux Cours coexistèrent jusqu'en 1392. Après s'être attribué le titre de shogun, Ashikaga Takauji s'installa à Muromachi, quartier de Tokyo qui donnera son nom à la période du shogunat des Ashikaga. Au cours des ans, le pouvoir central s'affaiblissant, la situation intérieure se détériora, le pays fut en proie à une désorganisation totale : rébellions de paysans affamés, bandes armées ravageant les campagnes ou contrôlant les villes. Mais, paradoxalement, ce shogunat fut aussi une ère de développement économique et social. Les contacts avec la Chine et surtout l'esthétisme ZEN, alors à son sommet, influencèrent profondément les formes artistiques japonaises qui connurent un renouveau spectaculaire ; notamment le théâtre (nô), la cérémonie du thé (chado), l'art des bouquets (kado) et des jardins, l'expression picturale, et les fabrications artisanales (céramiques, sabres et montures au formes dépouillées). A la suite d'un différent sur le choix du successeur du shogun YOSHIMASA, la guerre d'ONIN (1467-1477) éclata, prélude à la période de guerre civiles connues sous le nom " d'âge des Royaumes Combattants ".(Sendoku Jidai).

Pendant plus d'un siècle ces luttes endémiques permettront aux samouraï de mettre parfaitement au point leurs techniques de combats. Pour survivre, le bushi devait parfaitement maîtriser l'ensemble des bujutsu (bugei) et il délaissait volontiers la formation intellectuelle au profit de l'efficacité au combat. En ces temps troublés, les mêlées confuses l'obligèrent aussi à mettre un accent particulier sur l'emploi des techniques contre plusieurs adversaires. L'utilisation de certains types d'armes se développa.

La naginata - hallebarde à longue lame courbe, proche de celle du katana - fit des ravages dans la cavalerie et obligea les armuriers à modifier les protections des bushi en ajoutant des jambières (sune ate) renforcées. Les techniques redoutables de la naginata seront reprises sous l'ère Edo et codifiées. Pratiqué principalement par des femmes cet art est arrivé jusqu'à nous sous le nom de naginata-do. De leur côté, sans cesse sollicités, les Kaji se surpassaient afin d'équiper les combattants et satisfaire la demande de lames de qualité. La fabrication des armes et protections connut alors un essor prodigieux. Les sabres japonais acquirent une telle réputation qu'il était exportés dans toute l'Asie, servant parfois de monnaie d'échange pour procurer aux Japonais les soies et les porcelaines chinoises. La pratique des arts martiaux connaissait son apogée et rien n'était négligé pour la formation des bushi de l'époque pour qui la qualité de l'entraînement aux disciplines martiales était vitale. Les écoles (ryu) de bujutsu, innombrables et actives, soumettaient alors la valeur de leur enseignement au verdict sans appel des combats.
Les fondations d'écoles de kenjutsu, reprenant les techniques codifiées par Choisai et Jion vers 1350, se multiplièrent. Issues des plus anciennes datant des XIVe et XVe siècles - Nen ryu, de Yoshimoto Sanoshiro; Katori Shinto ryu, de Choisai Ieano (1387-1488) - d'autres écoles virent le jour - Aisu Kuge ryu, d'Aisu Izo (1452-1538); Bokuden ryu, de Tsukahira Bokuken; Shinkage ryu, de Kami Izumi Musashin o Kami Nobutsuna; Kage ryu; Chiyo ryu; Ito ryu; ...

Les entraînements virils provoquant de nombreux accidents, l'emploi du sabre nu fut remplacé progressivement par l'emploi du bokuto, appelé plus tard bokken. Ce sabre en bois, manié par les experts, devint à son tour une arme mortelle. (Miyamato Musashi défit et tua son premier adversaire en utilisant un bokken) Les professeurs (sensei) imposèrent alors l'emploi de protections (men,kote) qui serviront de base, à la fin du XIXe siècle, à l'élaboration des armures de kendo après l'adjonction de la protection de poitrine (do). Le sabre d'entraînement (shinaï), mis au point par Nakanishi Chuta, n'apparaît qu'en 1750.

Dérivé du fukuro shinaï, employé par les écoles Nen ryu, et Shin Kage ryu et constitué d'un bambou entouré de cuir, ce nouveau shinaï était composé de 30 à 60 lames de roseau et recouvert de tissu fort. Il sera encore modifié par la suite et réalisé à l'aide de quatre lames de bambou ficelées, puis complété d'une garde de cuir bouilli. Ce sont des shinaï de ce type qui sont utilisés de nos jours pour la pratique du kendo. Parallèlement au kenjutsu, la plupart des écoles enseignaient l'art de "dégainer" le katana (iaï-jutsu).
Des techniques limitées étaient connues depuis longtemps, liées à la forme courbe du sabre japonais, elles ne pouvaient être antérieures à l'époque Nara. D'autre part, la systématisation du port du katana, passé dans la ceinture (obi), le tranchant vers le haut, favorisa le développement de techniques nouvelles. La tradition attribue à Hojo Jinsuke Shinegobu, plus connu sous le nom d'Ayashisaki Jinsuke Shinegobu, la première systématisation de l'art du iaï indépendamment des écoles de kenjutsu.

Né dans la vieille province de Sagami, le génial fondateur du iaï, après avoir longtemps pratiqué à Tateoka-cho au temple de Hayashisaki Myojin, fonda sa propre école appelée Hayashisaki ryu ou Shingobu ryu. Il avait alors défini son système, orienté spécifiquement vers la défense et lui donna le nom de batto jutsu. Les successeurs d'Hayashisaki appelleront ce style Shin Muso Hayashisaki ryu. Celui-ci a été fidèlement transmis. Il est connu et pratiqué de nos jours sous le nom de Muso Shinden Ryu, l'école de iaï-do la plus populaire du Japon. Pour le iaï-jutsu, Tenshin Shoden Katori Shinto ryu fondée par Izasa Ieano (1387-1488) donne l'exemple d'une école qui a su, à travers les vingt maîtres qui la dirigèrent depuis sa fondation, transmettre les techniques de iaï-jutsu du XVe siècle. L'arrivée des Européens Au milieu du XVIe siècle, les eaux qui entouraient l'archipel nippon étaient de plus en plus fréquentées par les commerçants et les aventuriers occidentaux malgré le contrôle des mers par les redoutables pirates japonais (wako). Débarquant d'une jonque en 1543 à Kyushu, les premiers européens - trois aventuriers portugais - prirent contact avec le seigneur de Tanegashima. Celui-ci fut vivement intéressé par la démonstration que firent les occidentaux de leurs armes à feu. Quelques mousquets furent échangés et aussitôt copiés et fabriqués par les armuriers de l'île. Six mois après, ce seigneur disposait déjà de six cents exemplaires de ces armes efficaces. Quelques années plus tard, en 1549, une petite mission jésuite, dirigée par saint Françoit-Xavier abordera à son tour Kyushu. Ces missionnaires espagnoles impressionnèrent vivement les japonais par leur rigueur morale, leur fierté naturelle, l'obéissance à leur supérieur et le dépouillement matériel dans lequel ils vivaient. Leur mode de vie et ses contraintes se révélaient proches de l'existence des bushi. Le respect porté aux Jésuite permit à ceux-ci de convertir de nombreux samouraï. L'un d'eux, Omura Sumitada, daimyo de Nagasaki, ouvrira son port aux commerçant étrangers en 1571.

 

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